Deux femmes se présentèrent devant le roi Salomon, traînant entre elles un jeune homme qui avait accepté d’épouser la fille de chacune d’elles. Après avoir écouté leur histoire, le roi ordonna que le jeune homme fût coupé en deux, pour que toutes deux en aient leur part.

« Non ! s’écria la première femme. Ne verse pas le sang ! Qu’il prenne pour épouse la fille de l’autre femme. » Le roi, plein de sagesse, n’hésita pas. « Que l’homme épouse la fille de l’autre femme », dit-il. « Mais elle était prête à le laisser couper en deux ! » s’exclamèrent les courtisans. « Oui, dit le roi Salomon, cela montre que c’est elle la vraie belle-mère ! »

Le Dragon fait son entrée

 

Les belles-mères inspirent sans doute plus de blagues que toute autre catégorie de population au monde. Elles sont une cible permanente dans les shows d’humoristes, les conversations entre hommes et les feuilletons télévisés, où elles sont immanquablement dépeintes en sorcières, en viragos ou en mégères. N’oublions pas que c’est l’un des fondateurs de la Russie moderne, Lénine, qui, à la question : « Que devrait être la peine maximale pour le crime de bigamie ? » répondit ; « Deux belles-mères ».

Si les belles-mères représentent un réel problème dans de nombreuses unions et constituent la cause avouée de la mésentente dans un tiers des ruptures, après la relation adultère, le plus souvent, ce n’est pas la mère de la femme qui provoque le plus de difficultés. Notre enquête montre de manière récurrente que c’est de la mère de l’homme que provient le vrai danger.

 

 

Sa belle-mère à lui a beau être la source des plaintes les plus explicites, celles-ci relèvent souvent plus de la plaisanterie que de vrais griefs.

Pour la plupart des hommes, une belle-mère difficile n’est pas un problème insurmontable. Surtout pour le légendaire Giovanni Vigliotto, citoyen de l’Arizona, qui se maria cent quatre fois entre 1949 et 1981, tantôt sous son propre nom, tantôt sous l’un de ses cinquante noms d’emprunt : ses cent quatre belles-mères furent beaucoup moins gênantes que les trente-quatre années de prison auxquelles il fut condamné en conséquence.

Une belle-mère peut irriter son gendre, l’asticoter, l’exaspérer, mais il est rare qu’elle lui inspire une réelle inimitié. La vie des hommes n’est pas dominée par les problèmes de belles-mères.

Il existe un vieux proverbe polonais qui dit : « Pour toucher le cœur d’une belle-mère, contente sa fille ». Les hommes le savent bien. Généralement, une mère veut le bonheur de sa fille. Et si un homme fait le bonheur de la sienne, elle ne lui mettra pas de bâtons dans les roues.

Quand les hommes rencontrent des résistances au sein de leur belle-famille, c’est plutôt le fait du beau-père, qui refuse de laisser partir sa princesse adorée. Certes, il circule peu de blagues sur les beaux-pères – sans doute ne prêtent-ils pas le flanc à la plaisanterie.

 

Sa mère à lui un fardeau pour elle

 

Dans la plupart des cas, les vrais drames sont provoqués par la mère de l’homme. D’après une enquête menée par l’Université de l’Utah, dans plus de la moitié des couples mariés, il existe de véritables tensions entre l’épouse et une belle-mère récalcitrante et faiseuse d’histoires.

Toutes les belles-mères ne méritent pas une réputation aussi effrayante, mais pour beaucoup de femmes, une belle-mère indiscrète, intrusive et possessive, incapable de couper le cordon ombilical avec son fils, peut représenter un calvaire. Souvent vécues comme ingérables et insolubles, les crises occasionnées par les belles-mères peuvent être génératrices de souffrances et d’angoisses et, à terme, menacer la survie du couple. Il est donc tout à fait normal et naturel pour un homme, lors d’une première rencontre sérieuse avec sa belle-famille, de sonder instinctivement ses futurs beaux-parents et déceler ainsi tout signe d’animisoté.

 

Elles ne sont pas toutes si terribles

 

Il va de soi que les belles-mères ne méritent pas toutes leur redoutable réputation. Si l’enquête de l’Université de l’Utah montre que 50 % des belles-mères sont perçues comme des emmerdeuses, les 50 % restant doivent être considérées au pire comme neutres, au mieux comme des membres aimants, serviables et généreux de la famille étendue. Il n’est pas rare non plus que les belles-mères soient tenues pour responsables des défaillances et de l’instabilité de leurs fils ou de leurs belles-filles. Hors, quand on a trouvé l’âme sœur, le fait d’avoir une belle-mère intrusive n’est finalement qu’un détail Une discussion doit parfois avoir lieu afin de pouvoir mettre choses au point et recentrer la relation sur le couple et non le reste de la famille.