Pas toujours évident d’être une belle-mère !

Il faut admettre que la position de la belle-mère peut être inconfortable du fait que les belles-filles ont généralement un lien étroit avec leur propre mère, avec qui elles parlent de tout. Une mère a envie d’être impliquée dans la vie de ses enfants. Or, il est normal qu’une fille se repose davantage sur sa mère que sur sa belle-mère, ce qui peut engendrer de la jalousie chez cette dernière. Une mère s’inquiète toujours pour son fils, en particulier si c’est son fils unique, et si sa vie n’est pas très active. Est-ce qu’il mange comme il faut ? Est-ce que la maison est bien tenue ? Etc. Mais comme les fils ne parlent pas beaucoup avec leur mère, elles en savent peu, se sentent petit à petit exclues de leur vie, Elles peuvent en arriver à se dire que le seul moyen d’être impliquées est de s’imposer en étant omniprésentes, Les premiers temps, une femme fait souvent des efforts pour instaurer une bonne relation avec la mère de son ami parce qu’il est stratégiquement plus malin de ne pas la mettre hors jeu. En revanche, une fois la situation stabilisée par le mariage, leur relation ressemble à celle de deux femmes se battant pour le même homme,

Mais à chaque problème sa solution, Il suffit de le vouloir. Au fils et à la belle-fille de gérer la situation avec honnêteté et maturité et surtout, de gérer la belle-mère envahissante !

 

Étude de cas : Elyse et Marc

 

Ils n’étaient mariés que depuis six mois lorsque leur bonheur tout neuf commença à se lézarder. Elyse trouvait que Marc devenait impossible à vivre. Il laissait traîner ses affaires partout, jetait ses serviettes humides par terre. Il semait la pagaille dans toute la maison. Elyse craquait.

Elyse : « Marc, tu es vraiment un porc ! Je ne peux plus vivre avec toi ! »

Marc : « Arrête, c’est toi le problème, tu fais tellement d’histoires que tu me rends dingue ! Chez moi, ça ne se passait pas comme ça. Ma mère n’avait jamais de reproches à me faire ! »

Elyse : « Très bien ! Parlons-en, de ta mère. Après six mois de vie commune avec toi, je me rends compte qu’elle ne t’a pas élevé, elle t’a pourri ! Pour toi, c’est aux femmes de faire la lessive, la cuisine, le repassage, le ménage, tout en travaillant à plein temps ! En fait, tu n’as aucun respect pour elles. Ta mère a fait de toi un monstre, et je ne supporterai pas ça une minute de plus ! »

Marc : « Qu’est-ce que ma mère vient faire là-dedans ? Si tu t’en tenais au sujet, au lieu de t’en prendre à tout le monde sauf à toi ! »

C’est un fait que beaucoup de mères gâtent trop leurs fils et les rendent invivables pour leurs futures compagnes. Elles les maternent, leur font la cuisine, la lessive et le repassage. Elles le font par amour, sans se rendre compte qu’elles préparent leurs rejetons à de sévères difficultés, lorsqu’ils s’installeront dans une relation de couple. Résultat : les fils rechignent à faire ce que leur mère a toujours fait pour eux.

C’est un rude coup pour leur compagne, mais habituer l’homme à prendre sa part des tâches ménagères, bien qu’elles soit inégales, se révèle bien plus efficace que de s’en prendre à sa mère : il est maintenant adulte et responsable de ses actes.

Ce problème est parfois très complexe, car il met en cause une relation triangulaire qui peut prendre différentes formes selon que mari, femme et belle-mère montrent un bon équilibre affectif et du respect pour les autres, ou que l’un, deux ou même les trois protagonistes sont mus par la jalousie, la possessivité, la dépendance, l’immaturité, l’égoïsme ou l’instabilité.

 

Étude de cas : Marc et Julie

 

Marc et Julie ont décidé de se marier. À cause d’une dispute, Julie et sa mère, Monique, ne se sont pas parlé depuis trois ans. En conséquence, Julie s’est de plus en plus reposée sur la mère de Marc, Françoise, pour choisir la robe de mariée, le menu du repas de mariage, et prendre toutes les décisions habituelles. En d’autres circonstances, Julie aurait fait ces choix avec sa mère.

Mais juste avant le mariage, avec l’aide de Marc, qui s’est révélé d’une grande aide, Julie a retrouvé sa mère et a renoué avec elle. Tout à coup, on n’avait plus besoin de Françoise, qui s’est sentie laissée de côté. Elle a eu le sentiment d’être utilisée et rejetée.

Après le mariage, on laisse souvent tomber la belle- mère, à moins qu’elle n’ait déjà instauré une relation forte avec sa belle-fille. Si celle-ci est proche de sa propre mère, elle risque de négliger le fait que la mère de son mari compte autant que la sienne dans la famille. Notre vie, de plus en plus active, nous laisse de moins en moins de temps pour le noyau familial, a fortiori pour la famille élargie, et pour les relations humaines en général, il ne reste que des miettes. Au bureau, on a tendance à réduire les contacts humains aux envois d’e-mails, alors que pour la génération précédente, la règle reste le coup de fil ou le contact direct. Pour notre génération, les relations avec les parents peuvent être très difficiles. D’où la nécessité que la compréhension et la recherche de solutions viennent des deux côtés si l’on veut que tous y trouvent leur compte. Les parents ont besoin qu’on leur consacre du temps, et les enfants eux-mêmes ont besoin de temps à consacrer à leur propre famille. Alors que dans le passé, tous les membres de la famille étendue vivaient sous le même toit, ils vivent aujourd’hui dans des villages, des villes, des pays différents. Préserver une vie de famille exige que chacun y mette du sien.

En Inde et dans certaines régions d’Afrique, une femme qui se marie « divorce » de ses propres parents pour vivre avec ceux de son mari, qu’elle appelle « mère » et « père ». Dans de nombreux pays, les relations avec les beaux- parents sont clairement définies et souvent explicitement

codifiées. En revanche, dans la culture occidentale, c’est la relation entre l’homme et la femme qui prime sur toutes les autres – et les beaux-parents deviennent parfois les dindons de la farce.

 

Étude de cas : Bernadette, Richard et Véronique

 

Le point de vue de Bernadette

Bernadette avait une petite quarantaine quand son mari l’a quittée. « Bon débarras ! » disait-elle à ses amies. Il était porté sur la boisson et ne s’était jamais occupé sérieusement de sa famille. Il lui restait son fils, Richard, gentil jeune homme de 22 ans, qui serait toujours là pour prendre soin d’elle.

 

Bernadette était persuadée que Richard ne s’intéressait pas aux filles. Elle subvenait à tous ses besoins, matériels et affectifs. De quelle utilité lui aurait été une autre femme ? Ces cruches qu’il voyait à l’occasion n’étaient là que pour le sexe, c’était évident. Dans son esprit, Richard avait bien compris qu’il était maintenant de son devoir de s’occuper d’elle, tout comme elle l’avait fait pour lui depuis sa naissance.

 

Le point de vue de Véronique

Richard plut à Véronique dès leur rencontre. Toutefois, elle s’étonna qu’il ne la présente pas à sa mère avant leurs fiançailles officielles. Bernadette n’était pas très chaleureuse, mais Véronique pensa juste qu’il lui fallait un peu de temps pour s’habituer. Elle préférait rire quand Bernadette glissait qu’ils n’étaient peut-être pas prêts pour le mariage, et qu’ils avaient encore tout le temps de changer d’avis avant la cérémonie.

Le jour du mariage, Bernadette se comporta grossièrement, répétant à tout le monde qu’à son avis, cette histoire ne durerait pas.

Véronique ne tarda pas à réaliser que sa belle-mère était un cadeau empoisonné. Les problèmes commencèrent dès leur retour de lune de miel. Bernadette s’invitait presque tous les jours, sans crier gare,

Véronique essaya de se montrer accueillante, mais se lassa vite de s’entendre dire par Bernadette comment mitonner le plat préféré de Richard, et comment tenir la maison. Sa belle-mère trouvait à redire à tout ce que faisait la jeune femme. En l’absence de Richard, Bernadette l’insultait ouvertement, en refusant de l’admettre quand Véronique en parlait à son mari, et elle l’accusait de vouloir créer des tensions entre son fils et elle. Véronique se mit à éviter sa belle-mère, mais Bernadette appelait tous les soirs pour parler des heures à son fils. Elle lui demandait quand il pouvait venir « à la maison » repeindre la façade, s’occuper du jardin, réparer les fuites, régler un problème quelconque ou l’emmener faire des courses. Ses demandes n’en finissaient pas. Richard restait totalement à sa disposition, au mépris des besoins de Véronique. Bernadette avait remplacé son mari par son fils.

 

Deux ans plus tard, Véronique mit au monde un garçon, Thomas. Bernadette ne tarda pas à s’imposer dans la vie de Véronique pour s’occuper du bébé. Bernadette, qui savait toujours ce qu’il convenait de faire, prit le contrôle. Au lieu d’aider Véronique à devenir mère, elle la remettait constamment en cause. Thomas devint l’obsession de Bernadette, elle ne le quittait pas des yeux, le prenait toujours dans ses bras. Peu à peu, Véronique se sentit exclue. Bernadette lui volait son enfant, et elle craignait qu’il finisse par aimer sa grand-mère plus qu’elle. Véronique se sentait piégée et malheureuse. Bernadette continuait à venir sans prévenir, à la critiquer et à l’injurier.

La jeune femme tenta à maintes reprises d’aborder le problème avec Richard, mais ce dernier avait le sentiment que sa femme était possessive et que sa mère voulait simplement rendre service. Î1 se sentait également obligé de répondre aux besoins de sa mère. Aux yeux de Richard, Véronique faisait preuve de jalousie et de manque de maturité.

Celle-ci finit par renoncer à être entendue et par écu- mer toute seule dans son coin.

 

Le point de vue de Richard

Après le divorce de ses parents, Richard avait souffert de l’absence de son père, mais l’ambiance à la maison était devenue plus sereine. Sa mère lui répétait que son père était un bon à rien et que c’était lui, maintenant, l’homme de la maison. Elle le submergeait d’affection, lui préparait ses plats préférés, faisait son lit, nettoyait derrière lui et ne le laissait jamais porter le même vêtement deux fois de suite sans l’avoir lavé et repassé.

Elle n’émettait jamais aucune critique à son égard, puisqu’elle estimait que tout ce qu’il faisait était extraordinaire. Le seul problème de Richard, c’était que, chaque fois qu’il amenait une petite amie, la rencontre avec sa mère jetait un froid dans la relation. Mais quand il rencontra Véronique, il sut qu’il était amoureux. Il décida de la tenir aussi éloignée que possible de sa mère.

Après le mariage, Bernadette était toujours là pour se rendre utile. Mais Véronique semblait tellement jalouse de sa relation avec sa mère que celle-ci finit par cesser de venir. Richard voyait sa mère le week-end quand il passait lui rendre de menus services.

 

Certes, elle lui posait bien un petit problème. Elle lui infligeait tous les soirs des conversations téléphoniques interminables juste au moment où il commençait à décompresser. Mais il se disait que sa mère devait se sentir seule, et qu’il avait des responsabilités envers elle.

 

Après la naissance de Thomas, Bernadette fut la première à proposer son aide, toujours sur le pont, à changer les couches et à prendre soin du bébé. Véronique n’ayant jamais changé une couche, les conseils de Bernadette étaient une aubaine. Mais Véronique semblait les rejeter en bloc. Elle était devenue possessive avec Thomas, se disputait avec Bernadette et se plaignait sans cesse à Richard de sa mère. Ce dernier aimait Véronique mais ne supportait plus ses crises. Doté d’un cerveau typiquement masculin, axé sur la résolution des problèmes, Richard se dit qu’après une longue journée de travail, il n était pas censé régler les problèmes relationnels de sa femme et de sa mère. Il en vint à penser que la vie serait plus simple s’il était célibataire.

Pour vivre sereinement, belle-mère et belle-fille doivent créer un lien. À l’époque des cavernes, pour survivre, les femmes le faisaient naturellement, et elles ont toujours besoin de le faire pour survivre dans le monde moderne, si elles veulent minimiser le stress et épargner ce type de problèmes au mari ou au fils. Il est important que les femmes règlent ces tensions entre elles, sans y mêler les hommes. Ces derniers sont parfois flattés que « leurs » femmes se battent pour eux, un état de fait qui alimente leur ego. L’épouse doit faire preuve d’assez d’intelligence pour contrôler la situation et régler seule ses difficultés avec sa belle-mère. Quand ça marche, tout le monde y gagne. Une femme n’a vraiment pas besoin que sa belle- mère aille se plaindre d’elle à son mari ; elle a besoin d’une alliée, pas d’une ennemie.

Un tel drame n’a rien d’exceptionnel. Il se joue dans des familles du monde entier ~ les problèmes sont plus aigus dans certains pays que dans d’autres. En Russie, où la pénurie de logements oblige les jeunes couples à cohabiter avec leurs parents, la haine de la belle-mère est devenu un fait de société. En Espagne, on répertorie une maladie baptisée Suegritis, qui serait provoquée par les belles-mères. Il existe aussi un sifflet de carnaval connu sous le nom de Matasuegras, ce qui veut dire « Tueur de belles-mères ». À Delhi, la capitale indienne, une aile de la prison est réservée aux belles-mères qui se sont rendues coupables de réclamer des dots abusives à leurs belles-filles ou de rompre les mariages. Cette aile est constamment surpeuplée.

En Espagne et en Italie, une belle-mère peut être poursuivie en dommages et intérêts si elle est reconnue coupable d’avoir brisé un mariage. À Lutz, en Floride, une épouse, qui ne supportait plus que son mari prenne le parti de sa mère, lui fit prendre un somnifère avant de faire tatouer sur sa joue une caricature de sa vieille chouette de mère. Son mari l’a quittée et a demandé le divorce – puis lui a réclamé des dommages et intérêts. En Australie, un pharmacien dut expliquer à une femme que la photo de sa belle-mère n’était pas un document valide pour l’autoriser à lui vendre de l’arsenic.

 

Les belles-mères juives sont un sujet de plaisanteries rituel. Dans un documentaire américain, leurs effusions étaient décrites comme « aimantes à la manière de celles d’un ours ; elles entraînent la mort par écrasement. » La mésentente belle-mère/belle-fille peut exister dès le départ, et l’hostilité être franchement déclarée. Quand Sylvester Stallone annonça son intention d’épouser Jennifer Flavin, sa petite amie alors enceinte, sa mère commenta publiquement : « Il ne devrait pas se marier avec cette fille. Jennifer est amoureuse, c’est indéniable, mais elle recherche la célébrité. Je suis sûre qu’il y a un fond de méchanceté en elle. » On aurait pu s’y attendre lorsqu’elle avait déclaré : « À mes yeux, aucune femme n’est assez bien pour Sylvester. Je serais prête à me coucher par terre et à mourir pour lui. »

Quoi qu’il en soit, quand mari, épouse et belle-mère tentent de trouver une solution acceptable et de parvenir à un compromis, c’est le plus souvent en pure perte. Si les problèmes surgissent rapidement dans une relation, c’est à la belle-fille, bon gré mal gré, de faire ce qu’il faut pour renouer le contact. Le laps de temps qui sépare la rencontre du mariage est bref et elle a tendance à focaliser toute son attention sur sa relation avec son futur époux. Pourtant, si elle ne s’investit pas dans une relation avec sa belle-mère potentielle, il y a fort à parier qu’elle en paiera le prix. Il est important qu’elle essaie de passer du temps seule avec elle, afin d’être perçue comme une personne à part entière et pas seulement l’« épouse ». En renforçant cette relation à deux, elle limitera les risques de problèmes dans toutes les situations familiales.

Plus tard, si on a laissé les tensions s’installer, il deviendra très ardu de parvenir à un accord efficace entre trois personnes qui ont chacune leurs contraintes et leurs priorités. L’un des trois protagonistes de la relation aura du mal à accepter ce qu’il ressentira comme une alliance entre les deux autres. À ce stade, donc, la question doit être réglée par les deux personnes les plus affectées – le fils et la belle-fille.

Les premières questions à se poser sont les suivantes :

« Admettent-ils tous deux l’existence d’un problème ?

Souhaitent-ils vivre à deux une vie heureuse, longue et aimante ?

Souhaitent-ils régler le problème ?

Si la réponse est « non » à l’une ou l’autre de ces questions, mieux vaut s’adresser à un conseiller matrimonial. Si toutes les réponses sont « oui », les époux devraient s’asseoir et mettre par écrit, point par point, les problèmes tels qu’ils les perçoivent.

Dans l’étude de cas ci-dessus, par exemple, Véronique pourrait écrire :

» Bernadette débarque sans prévenir, ce qui empêche toute vie privée et bouleverse tous nos plans.

Bernadette appelle tous les soirs, pile au moment où nous passons un moment tranquille en famille.

« Bernadette sollicite trop Richard, qui ne peut consacrer assez de temps à sa famille.

Bernadette est indiscrète. Elle veut tout savoir et se mêle de tout.

Bernadette fait toujours des critiques et ne reconnaît pas mes capacités, elle est dominatrice et attend de Richard qu’il lui obéisse comme un gamin.

Quant à Richard, il pourrait écrire :

Ma mère est seule et c’est à nous de l’entourer mais Véronique ne veut rien savoir.

 

Ma mère n’a pas d’homme à la maison pour faire le bricolage et Véronique ne comprend pas que c’est à moi de l’aider.

Ma mère essaie d’aider Véronique mais celle-ci refuse de partager Thomas et d’écouter ses conseils en matière d’éducation.

Ma mère me culpabilise quand je ne réponds pas à ses demandes.

Je ne comprends pas pourquoi tout le monde est toujours en colère, alors que je ne demande qu’une chose, c’est de m’entendre avec elles.

Le problème est celui de Richard et de Véronique. Pas celui de Bernadette. On l’a laissée maintenir son emprise sur Richard, et elle contrôle Véronique à travers lui, ainsi que Thomas. Richard n’a jamais coupé le cordon ombilical qui le reliait à sa mère. Il n’a pas encore vraiment quitté la maison et n’a pas mûri.

 

Involontairement, Véronique est, elle aussi, responsable de la situation. Elle a été l’architecte de son propre malheur. Elle n’a pas imposé de limites à Bernadette lorsque les problèmes ont commencé à surgir. Dans les faits, elle a laissé Bernadette intervenir librement dans son mariage et sa famille.